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Cordes-Tolosannes est établi en bordure d’une terrasse dominant toute la vallée de la Moyenne Garonne. Cette position très avantageuse fait supposer qu’à la préhistoire, ce site protégé pu accueillir des groupes humains : nomades ou sédentaires, nous l’ignorons, les vestiges n’étant pas assez significatifs. A l’époque gallo-romaine, des établissements ruraux (des villae) colonisèrent les pentes des coteaux. On en connaît deux, à Belleperche et aux Places. Il ne me semble pas que l’emplacement actuel du village ait été habité avant le début du haut Moyen Age (VIe – XIIe siècles). On sait qu’il existait alors sur les coteaux des mottes artificielles dont l’une était dénommée « Castet de Fer », évoquant un dispositif féodal bien organisé. Selon un texte de 847, il y avait aussi un castrum, village fortifié appartenant à un dénommé Austorgue, d’origine sans doute germanique. Ce castrum s’appelait Cerrucium. Le site était alors très bien mis en valeur du point de vue agricole. Sans doute devait-il l’intérêt que ces seigneurs lui portèrent au fait qu’il se trouvait sur l’itinéraire d’un chemin reliant le Toulousin à l’Agenais en passant par Verdun et Bourret. C’est à Cerrucium que le chemin descendait dans la vallée vers Lafitte, qui fit partie de la juridiction de Cordes jusqu’à la Révolution.

En 1182, l’Evêque de Toulouse donna l’église de Cordes à l’Abbaye de Belleperche, installée en 1143. C’est à cette occasion que le nom de Cordes (Cordua) apparaît pour la première fois. Belleperche devint seul propriétaire de la Seigneurie. Très vite, des problèmes de limites se posèrent entre l’abbaye et le village. En 1246, il fallut les fixer par écrit, puis Cordes, avant 1265, reçut du seigneur-abbé, à la demande des habitants, le statut de bastide, c'est-à-dire que l’on forma une communauté villageoise représentée par les consuls. Mais l’animosité envers Belleperche était telle que l’abbé rechigna, car pour lui, Cordes représentait un élément majeur du patrimoine de l’abbaye, et il voyait d’un mauvais œil s’établir cette relative autonomie administrative, expression directe d’intérêts économiques divergents. Une crise relationnelle s’ouvrit entre 1265 et 1270, terminée par l’intervention du comte de Toulouse Alphonse de Poitiers qui, à la requête des consuls, obtinrent de lui une charte de coutumes contre la volonté de l’abbé. Celui-ci abandonna à Alphonse une partie de la seigneurie mais conserva la propriété des terres (sauf le village et ses alentours sur 52 hectares, qui devinrent seigneurie comtale puis royale).

Du XIIIe siècle jusqu’en 1790, Cordes et Belleperche se querellèrent sur des questions de terrains, empiètements, détournements de ruisseaux… et sur la question fiscale : Belleperche, seigneurie indépendante, relevait de Cordes pour le paiement des taxes dues par ses habitants. Les consuls n’eurent de cesse que de prouver que l’abbaye appartenait de ce fait au territoire de Cordes, mais seule la Révolution réalisa leur rêve. Cordes annexa alors les terres des moines, qui, en ultime cadeau empoisonné, provoquèrent la sécession de Lafitte. Poussé par les religieux, ce quartier revendiqua violemment et finalement obtint son érection en commune !

Abbaye cistercienne de Belleperche

Site Web : http://www.musee-arts-de-la-table.fr/

Tél: 05.63.95.62.75   -   Fax 05.63.95.62.74
Tél: 05.63.95.62.74
e-mail : abbaye.belleperche(at)cg82.fr
 
L’Abbaye se situe sur la D114 au bord de la Garonne, à 20 km à l’ouest de Montauban, 6 km  de Castelsarrasin et 12 km de Moissac.
 
Voir le site du Conseil Général :
www.cg82.fr